Vous devez être connecté pour accèder à cette archive.

Se connecter
X
Management > Etudes cliniques

Mettre en place une étude clinique « post-autorisation »

Publié le 26 novembre 2014 par Evelyne Gisselbrecht
Source : Clinact

Véritable enjeu stratégique pour les industriels et le système de santé, les études cliniques post-autorisation peuvent découler d'une demande des autorités (ANSM, HAS ou CEPS) ou de l'initiative du fabricant. Peu encadrées sur le plan méthodologique, elles doivent obéir à certaines règles bien précises.

Auteur | Dr Gérard Sorba, Président du Groupe CLINACT

Il existe deux types d’études cliniques post-autorisation (PA) : les PASS et les PAES. Les PASS (Post-Authorisation Safety Study) incluent toute étude portant sur un produit de santé autorisé et visant à identifier, caractériser ou quantifier un risque relatif à la sécurité, à confirmer le profil sécurité du produit, ou encore à mesurer l’efficacité des mesures de gestion des risques.

Les PAES (Post-Authorisation Efficacy Study) désignent quant à elles toute recherche biomédicale ou toute étude observationnelle sur l’efficacité en pratique médicale courante portant sur un produit de santé.

Ces études PA sont cependant mal encadrées sur le plan de la méthodologie et de la qualité. De ce fait, elles nécessitent en pratique beaucoup de discussions avant leur mise en œuvre.

D’un point de vue méthodologique, les références bibliographiques sont le guide méthodologique des études post-inscription publié le 20 janvier 2012 et disponible sur le site de la HAS (Haute autorité de santé), ainsi que les publications de l’ENCePP (European Network of Centers for Pharmacoepidemiology and Pharmacovigilance).

Trois étapes sont à respecter lors de la mise en place d’une étude PA : la validation du protocole, la sélection des centres d’investigation et la mise en place du processus logistique.

Valider le protocole

Les objectifs stratégiques des différentes parties ne sont pas toujours convergents. Par exemple, dans le cadre d’une étude PASS qui fait partie d’un PGR (Plan de Gestion de Risques), les attentes de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) ou du PRAC (Pharmacovigilance Risk Assesment Committee) ne seront pas les mêmes que celles de la HAS ou tout simplement que celles de l’industriel.

En pratique, il faut d’abord rédiger le protocole avec le comité scientifique, qui comporte obligatoirement un méthodologiste et des leaders indépendants. Une fois la première version du protocole réalisée, il faut le présenter aux comités ad-hoc des autorités de l’ANSM et/ou de la HAS. Ces comités donnent uniquement un avis qu’il est important de suivre pour avoir la certitude de la reconnaissance ultérieure des données cliniques ainsi recueillies.

Le choix des critères d’évaluation du DM est bien sûr fondamental que ce soit en matière de sécurité d’utilisation ou d’efficience.

Sélectionner les centres

Le panel des centres d'investigation sélectionnés doit être représentatif des prescripteurs habituels du DM. Il est souvent difficile d’obtenir un échantillon représentatif. Pour cela, nous utilisons des techniques de stratification en fonction des caractéristiques des prescripteurs : lieu et type d’exercice, type de patientèle, spécialité, localisation.

La méthodologie de sélection doit être décrite dans le protocole. En outre, il est important de vérifier la faisabilité du protocole auprès d’un échantillon restreint de prescripteurs.

Préparer la logistique

Il n’y a pas d’étape règlementaire. Une fois le protocole vérifié par l’ANSM et/ou la HAS, l’autorisation du CCTIRS et de la CNIL pour les études non interventionnelles (95 % des cas) est automatiquement transmise à l’industriel.

La troisième étape consiste donc à mettre en place le processus logistique avec toujours les mêmes objectifs : inclure un nombre de patients suffisant dans un temps déterminé, limiter les données manquantes et les perdus de vue, obtenir 100 % de données évaluables pour les essentielles, mettre en place des contrôles qualité réguliers (contrôles « On line » s’il y a un cahier électronique e-CRF et visites de monitoring sur site de contrôle qualité),

A noter qu'il faut aussi former le prescripteur pour s'assurer qu'il comprend l’importance de son rôle et de celui des patients dans ce type d’étude. La formation doit porter sur l’utilisation du DM, la matériovigilance, l’utilisation de l’e-CRF si nécessaire, et les aspects règlementaires.


Groupe CLINACT, F-92310 Sèvres, www.clinact.com

Partagez cet article sur les réseaux sociaux ou par email :
Mots-clés :

A lire aussi