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Démarche RSE : le retour d’expérience de CSI Thermoformage
Le développement durable fait partie intégrante de la stratégie de CSI Thermoformage depuis 2016. Une politique qui porte ses fruits puisque l'entreprise a obtenu la médaille platine Ecovadis en 2024. Nous avons interviewé son dirigeant Pascal Roger pour connaître la recette de son succès.
Interview réalisée par Evelyne Gisselbrecht
Pourriez-vous nous rappeler brièvement qui est CSI Thermoformage ?
CSI Thermoformage est une PMI française indépendante spécialisée depuis 35 ans dans l'emballage thermoformé sur mesure. Notre activité est centrée très majoritairement sur les emballages professionnels et nous travaillons pour des industries exigeantes telles que la santé humaine et animale, l'électronique ou encore le nucléaire. Nous avons obtenu la certification ISO 13485 en 2025 et sommes équipés d'une salle propre ISO 7 pour la production de plateaux et blisters médicaux. Notre entreprise, qui est très attachée à la qualité, combine expertise, agilité, organisation structurée et rigueur des processus.
Pourriez-vous résumer les principales étapes de votre démarche RSE qui vous a permis de décrocher la médaille de platine EcoVadis en août 2024 ?
Lorsque j'ai repris CSI Thermoformage en 2016, j'avais déjà acquis la conviction d'intégrer le développement durable dans la stratégie de l'entreprise, ce qui passait en premier lieu par l'obtention de la certification ISO 14001. Cet objectif, atteint en 2017, a constitué le premier élément de notre feuille de route. CSI était déjà à l'époque un acteur leader de l'incorporation de matières recyclées dans les emballages, même si les motivations de l'ancienne direction étaient plus économiques qu'écologiques.
En 2020, CSI a décidé de conduire une étude d'éco-conception sur 4 lignes de produits représentatives avec le cabinet expert O2M et l'appui de l'ADEME. Nous avons mené dans ce cadre des ACV (Analyses du Cycle de Vie) comparatives des produits co-conçus avec nos clients. Nous avons alors pris pleinement conscience de l'impact que pouvait avoir l'incorporation de matières recyclées dans nos emballages sur notre empreinte environnementale.
Nous avons ensuite travaillé sur la décarbonation et avons été sélectionnés en 2021 parmi seulement 15 PME et ETI de tous secteurs au niveau national pour participer au dispositif "Accélérateur Décarbonation" de Bpifrance-ADEME, un programme intensif qui s'étendait sur 2 ans. Le bilan carbone de CSI scope 1-2-3 a alors été réalisé et a confirmé le fait que l'incorporation de matières recyclées constituait un levier puissant de décarbonation.
Nous avons obtenu la médaille d'or Ecovadis en 2022 puis en 2023.
En 2024, nous avons mis en production notre centrale solaire au sol, qui assure 40 % de notre consommation d'énergie et porte la part de renouvelable dans notre approvisionnement énergétique au-delà de 80 %.
La même année, nous avons décroché la médaille platine Ecovadis, ce qui nous a placés dans le top 1 % des meilleurs scores RSE des 130.000 entreprises de tous secteurs évaluées à l'échelle mondiale.
Pourriez-vous nous dire quelques mots sur l'évaluation Ecovadis ?
Il s'agit tout d'abord, pour les entreprises qui demandent cette évaluation, d'une démarche de longue haleine qui doit être préparée soigneusement en amont. Elles doivent répondre à une série de questions très précises structurées à chaque fois en 3 niveaux : les politiques déterminées par l'entreprise, qui doivent avoir été mises en œuvre au moins trois mois avant la soumission du dossier, les actions réalisées, et les résultats obtenus. L'évaluation repose sur quatre piliers : Environnement, Social & Droits Humains, Ethique et Achats Responsables.
L'entreprise se voit attribuer un score pour chacun de ces piliers, une pondération de ce score étant appliquée selon le secteur, la taille de l'entreprise et sa zone géographique. Le score RSE global obtenu est alors comparé à celui des autres dossiers soumis à l’échelle mondiale et détermine la nature des médailles décernées ou non, pour une durée d’un an : top 1% des scores pour la médaille platine, top 5% pour la médaille d’or, top 15% pour l’argent et 35% pour le bronze, notamment.
La logique d'Ecovadis est d'inciter les entreprises à s'améliorer en continu. Que pouvez-vous encore optimiser alors que vous avez déjà obtenu le platine ?
Nous avons déjà atteint un score de 90 sur 100 pour la composante environnement. Il nous sera sans doute difficile de faire beaucoup mieux, même si nous optimisons encore notre trajectoire de décarbonation. Nous pouvons comparativement plus facilement progresser encore sur le volet Social et droits de l'homme.
Vous avez également été lauréat du Trophée RSE de la plasturgie organisé par Polyvia en 2025. En quoi cela diffère-t-il d'une médaille Ecovadis ?
Il s'agit tout d'abord, contrairement à Ecovadis, d'une reconnaissance limitée à l'Hexagone et au secteur de la plasturgie. Elle est également significative puisque seulement 5 lauréats ont été désignés sur 4000 entreprises de plasturgie en France. Je rappelle que Polyvia est le syndicat professionnel français représentatif de la plasturgie et des composites. Le trophée est décerné par un jury indépendant qui inclut l'ADEME et de grands donneurs d'ordre autres que des plasturgistes. CSI a été l'une des deux entreprises ayant obtenu ce trophée dans la catégorie décarbonation. Nous disposions de plus de liberté dans la préparation du dossier de soumission que pour Ecovadis. Nous avons choisi ici de présenter l'ensemble de la trajectoire de CSI depuis 2016.
Selon vous, quels sont les facteurs clés de succès d'une démarche RSE ?
Il s'agit d'un sujet complexe à porter dans la durée. Il nécessite l'implication active de la direction de l'entreprise, une organisation rigoureuse et un processus de décision efficace. L'un des facteurs clé de succès selon moi est de savoir identifier des ressources internes à l'entreprise qui maîtrisent bien ses process et qui pourront prendre en charge un sujet donné. Chez CSI par exemple, le responsable Méthodes, Etudes et Innovation s'est formé aux méthodologies d'éco-conception et de décarbonation. C'est lui qui réalise l'actualisation régulière de notre bilan carbone. Notre responsable Qualité et Environnement travaille pour sa part sur l'efficience énergétique. Je suis convaincu que le seul recrutement d'un spécialiste RSE qui ne connaitrait pas en profondeur les process de l'entreprise et ne bénéficierait pas d'une priorisation claire de la direction ne fonctionne pas ou pas correctement.
Votre démarche RSE initiée il y a 10 ans relève-t-elle avant tout d'une conviction personnelle ou de l'intérêt de l'entreprise ?
Je dirais les deux. Sur le plan personnel, on ne peut pas rester dans le déni et il faut absolument réagir face au réchauffement climatique dans le souci de préserver les générations à venir. Dans le même temps, la politique RSE, et notamment l'éco-conception, peut constituer un avantage concurrentiel non négligeable, et nous le constatons déjà auprès de certains de nos clients.
Le développement durable est-il devenu un critère de sélection important d'un fournisseur par les fabricants de dispositifs médicaux ?
Je ne connais pas nécessairement tous les acteurs du DM mais je constate qu'il le devient de plus en plus. Certes, le choix des fabricants de DM continue à se porter en grande majorité sur le plastique vierge pour les emballages primaires au contact, dans l'optique de maîtriser la formule à 100 %. Néanmoins, il existe aussi dans le secteur médical et pharmaceutique beaucoup d'emballages secondaires pour lesquels il est tout à fait possible de recourir aujourd'hui à des matériaux recyclés. Les mentalités sont en train de changer. A titre d'exemple, j'assiste aux interventions de grands donneurs d'ordre au sein du pôle marché médical de Polyvia, qu'il s'agisse de Nemera, Vygon, Sanofi, BioMérieux ou encore de l'APHP. Il en ressort clairement que la RSE est de plus en plus prise en compte dans les critères de sélection des fournisseurs.
Quelles sont, à votre connaissance, les grandes évolutions réglementaires auxquelles les fabricants de DM doivent faire face en matière d'emballage ?
Je répondrai à cette question davantage en ma qualité de Vice-Président de Polyvia pour les Pays de la Loire et de membre du comité stratégique du pôle marché "Emballage" de Polyvia au niveau national.
La première évolution est l'entrée en application du Règlement européen PPWR (Packaging & Packaging Waste Regulation) le 12 août dernier. Même si tous les actes délégués n'ont pas encore été adoptés, ce texte est très structurant pour faire croître l'utilisation de matières recyclées dans les emballages. Dans le cas du DM, les emballages au contact font l'objet d'une exemption mais pas les emballages secondaires.
Autre sujet, franco-français cette fois : la REP "Responsabilité Elargie du Producteur" qui devrait s'appliquer aux emballages professionnels à compter du 1er janvier 2027.
CSI a-t-il d'autres projets en matière de RSE dans un avenir proche ?
Continuer notre trajectoire de progrès continu avec de la suite dans les idées, notamment sur les axes décarbonation, incorporation croissante de recyclé à mix produit-marché constant, et réemploi. Un nouveau dossier d’évaluation sera soumis à Ecovadis début 2027.





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