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Le Snitem dévoile les résultats de son 3ème baromètre RSE de la filière du dispositif médical

Publié le 07 mai 2026 par Patrick RENARD
Les attentes des établissements de santé en matière de RSE portent essentiellement sur les produits et leur impact environnemental.
Source : © blacksalmon - stock.adobe.com

Les résultats du 3ème Baromètre RSE du Snitem confirment une montée en puissance de la responsabilité sociétale des entreprises dans la filière, désormais considérée comme un levier stratégique de compétitivité, d’innovation et d’accès au marché. En voici une synthèse.

Le Snitem a profité de son colloque RSE du 2 avril dernier pour présenter les résultats de la dernière édition de son Baromètre RSE, réalisé en partenariat avec le cabinet d’étude Alcimed. L'objectif de ce baromètre est de caractériser l’évolution des pratiques RSE et des enjeux de la filière du dispositif médical et de ses acteurs afin de les accompagner dans leurs actions. La méthodologie repose sur une enquête effectuée auprès d'industriels du DM et d'organismes de santé.

Le nombre de répondants à l'enquête est en augmentation constante depuis la création du baromètre en 2023. Il a atteint 68 pour cette 3ème édition, avec des entreprises de tailles variées et représentant toutes les catégories de dispositifs.

Il apparait tout d'abord clairement que la RSE s’impose aujourd’hui comme un sujet prioritaire pour les entreprises du DM. C'est le cas pour 80 % des répondants, contre environ 60 % en 2023. On notera que le caractère majeur de la RSE est particulièrement marqué pour les fabricants de petits équipements.

Cette progression s’accompagne d’une structuration accélérée :

  • Plus de 70 % des entreprises disposent d’une stratégie RSE formalisée (contre 48 % en 2025),
  • Plus de 70 % ont mis en place des indicateurs de suivi (contre 35 % en 2023),
  • Plus de 75 % ont désormais une ressource dédiée à la RSE (contre 65 % en 2023).

Au-delà de la conformité réglementaire, les motivations évoluent : attentes des clients et des établissements de santé, mobilisation interne, attractivité des talents et accès au financement deviennent des moteurs déterminants.

Des pratiques de plus en plus fréquentes, mais encore hétérogènes

Le baromètre met en évidence une dynamique réelle côté entreprises, mais encore contrastée selon leur taille et leur maturité. Parmi les pratiques les plus répandues figurent les démarches d’éco-conception et la mise en place d’outils de diagnostic. Ces derniers sont majoritairement déployés par les ETI et les grandes entreprises car leur mise en œuvre implique des démarches souvent coûteuses et chronophages. Au total, plus de 50 % des entreprises ont ainsi déclaré avoir réalisé un bilan carbone et plus de 60 % une analyse de cycle de vie (ACV).

Cependant, le manque de ressources humaines, la complexité de collecte des données et surtout la difficulté à valoriser les actions RSE en interne (citée par plus de 50 % des industriels), demeurent les principaux freins identifiés par les entreprises du DM.

La RSE est un sujet important bien qu’encore en structuration pour les établissements de santé, qui soulignent parfois un manque de référentiel commun et de soignants impliqués pour intégrer au mieux la démarche. Par ailleurs, pour les acheteurs hospitaliers, la RSE s’impose progressivement comme un critère structurant des achats. Elle est désormais intégrée dans les appels d’offres, avec une pondération pouvant atteindre 5 à 20 % des critères de sélection, et pourrait à terme devenir un prérequis d’accès au marché.

A noter toutefois que les attentes des établissements portent essentiellement sur les produits et leur impact environnemental (éco-conception, cycle de vie, recyclage ou valorisation des déchets). Les actions "corporate" sont secondaires et rarement discriminantes pour les appels d’offre.

Vers une RSE plus collective, plus lisible et plus opérationnelle

Les résultats du baromètre confirment une transformation profonde de la filière du dispositif médical. La RSE n’est plus un sujet périphérique : elle devient un facteur clé de différenciation, de compétitivité et d’innovation.

Pour franchir une nouvelle étape, les entreprises du DM et les établissements de santé appellent à :

  • harmoniser les référentiels, pour faire converger les coûts engagés par les industriels et la valorisation de la RSE des établissements,
  • mutualiser les outils et renforcer les démarches collectives, à l’image de l’Index DM Durable.

L’Index DM Durable : un outil prometteur pour structurer la filière

Dans ce contexte, l’Index DM Durable (IDMD), lancé par le Snitem et le C2DS il y a près d’un an, apparaît comme un levier structurant pour répondre aux attentes des acteurs de santé. Il est perçu à la fois comme un outil adapté aux spécificités du secteur, comme un référentiel de comparaison entre dispositifs et comme un facilitateur d’évaluation pour les acheteurs hospitaliers.

Vers des produits plus responsables avec l’Index DM durable Le baromètre montre que 92 % des entreprises du DM connaissent l’IDMD, mais que seuls 63 % l’utilisent aujourd’hui, signe d’un outil encore en phase d’appropriation, dont la légitimité reste à construire.

Côté établissements de santé : 76 % connaissent l’IDMD, et 70 % se disent convaincus de son intérêt. Certains organismes semblent toutefois réfractaires au remplacement des questionnaires RSE et envisagent d’utiliser l'IDMD à terme "à titre informatif".

Le Snitem a identifié plusieurs pistes d'évolution de cet outil, comme la mise en place d'accès externes, un remplissage des informations qui pourrait être facilité, ou encore des actions de communication renforcées sur sa légitimité qui pourraient favoriser son adoption et son déploiement en tant que référentiel.

Pour accéder à la page de téléchargement du baromètre RSE 2026, cliquer ici.


www.snitem.fr

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