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MIPA : un ingrédient indésirable dans les lubrifiants d’usinage

Publié le 26 mars 2026 par Patrick RENARD
Le MIPA, qui était utilisé depuis plusieurs décennies dans les lubrifiants réfrigérants solubles à l’eau, est désormais soumis à de nouvelles restrictions, une évolution que Blaser a su anticiper.
Source : Blaser Swisslube

Utilisé dans les lubrifiants d'usinage, le MIPA (MonoIsoPropanolAmine) est une substance classée CMR depuis mars 2025. Le spécialiste des fluides de coupe Blaser Swisslube a engagé un travail de fond pour proposer des solutions alternatives à ses clients, afin d'anticiper les enjeux réglementaires.

Le MIPA est une substance employée depuis plusieurs décennies dans les lubrifiants réfrigérants solubles à l’eau, utilisés pour les opérations d'usinage. Il intervient notamment dans la régulation du pH, la stabilité des émulsions, le comportement au rinçage, la protection contre la corrosion ou encore le contrôle de la mousse.

Mais le recours au MIPA n'est pas sans danger. Il a en effet été classé, le 1er mars 2025, comme substance CMR (Cancérigène, Mutagène ou Reprotoxique) selon le règlement européen CLP (Classification, Labelling, Packaging). Cette reclassification impose une communication explicite du risque dès lors que sa concentration atteint ou dépasse 3 % dans un concentré d’huile soluble. Au delà de cette concentration, le MIPA est en effet suspecté de nuire à la fertilité.

Cela se traduit notamment, pour les fabricants de lubrifiants concernés, par l'exigence d'une mise à jour des fiches de données de sécurité (FDS) et de l’ajout d’un pictogramme de danger GHS08 sur les emballages.

Une transition engagée avant l’échéance réglementaire

Chez Blaser Swisslube, spécialiste suisse des fluides d’usinage de haute performance, cette évolution n’a pas été vécue comme une contrainte, mais comme une opportunité d’agir en cohérence avec ses valeurs. L'entreprise n'a pas attendu la reclassification du MIPA. Dès 2023, les équipes de développement produit ont lancé un travail d’anticipation visant à :

  • identifier les formulations concernées,
  • tester des alternatives fiables,
  • et assurer une substitution progressive, sans perte de performance pour les utilisateurs.

Résultat : une partie significative des produits contenant historiquement du MIPA a d’ores et déjà été reformulée et est en cours de transition. Les clients concernés ont été informés et accompagnés.

Mais Blaser ne s’est pas contenté d’être juste en dessous du taux de 3% qui impose l’indication de présence de MIPA : l’objectif est d’offrir des produits ne contenant aucun MIPA, de manière à anticiper une législation perpétuellement en évolution.

Trois approches selon les contextes

L’analyse du portefeuille Blaser a conduit à trois types de groupe : A, B et C. Le groupe A correspond aux produits qui n’intégraient pas de MIPA. Le groupe B rassemble les produits pour lesquels la substitution est simple : lorsque le MIPA pouvait être remplacé par une autre amine déjà connue et maîtrisée, la formulation a été ajustée sans changement de référence produit ni modification des performances et avec une garantie de miscibilité. Quant au groupe C, il concerne les produits plus complexes nécessitant une reformulation, pour lesquels une nouvelle version a été développée. Malgré l'absence de MIPA, ces fluides conservent les propriétés attendues en usinage, tout en évitant le pictogramme GHS08 signalant un danger pour la santé.

Test mené par le service R&D de Blaser Swisslube (Source : Blaser Swisslube).

Blaser a également mis un point d’honneur à garantir la continuité d’approvisionnement pendant cette phase de transition. Les références remplacées restent toutefois disponibles, avec le nouvel étiquetage règlementaire, durant une période de cohabitation, le temps que certains utilisateurs fassent cette transition à leur rythme. Les représentants techniques accompagnent les clients dans le choix et la mise en œuvre des versions alternatives.

La transparence dans les échanges, la lisibilité des fiches de données de sécurité (FDS) et le suivi personnalisé permettent une adaptation en douceur, sans altération de la productivité ou de la qualité des pièces usinées.

Une dynamique constante pour des lubrifiants plus sains

« La volonté de réduire les risques pour les opérateurs est inscrite dans l’ADN de l'entreprise », souligne Blaser Swisslube. Le cas du MIPA s’inscrit dans une démarche plus large : améliorer en permanence le profil santé-sécurité de chaque formulation, sans compromis sur l’efficacité industrielle ni sur la performance économique.

« Chaque lubrifiant Blaser est conçu pour être le plus adapté possible à chaque application, mais aussi le plus sain pour les utilisateurs. C’est un engagement que nous portons au quotidien avec nos équipes techniques », précise l’entreprise.

Les efforts de formulation se poursuivent, avec pour objectif d’élargir la gamme de produits sans substance reprotoxique bien évidemment, tout en optimisant la productivité, les critères de stabilité, propreté et longévité des bains qui font la réputation de la marque.

Alors que la réglementation évolue vers plus de rigueur sur la santé au travail, Blaser Swisslube fait le choix de la responsabilité et de l’anticipation. En travaillant dès l’amont sur les alternatives au MIPA, l’entreprise démontre qu’il est possible de concilier performance technique, conformité réglementaire et engagement en faveur de la sécurité des opérateurs.

Dans un secteur où la qualité du lubrifiant a un impact direct sur les machines, les pièces et les hommes, et au final sur les coûts de production, cette approche proactive se veut une réponse concrète aux attentes des industriels, notamment dans le secteur médical.


blaser.com

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