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Treillis de soutènement antimicrobiens visualisables en IRM

Publié le 18 décembre 2012 par Evelyne Gisselbrecht
Source : Illustration 1 : Visualisation IRM des treillis après implantation – image in vivo (Source : Xavier Garric)

8% des filets de maintien des organes de la cavité abdominale provoquent des infections, souvent douloureuses pour les patients. Pour anticiper ce problème, une équipe de chercheurs a travaillé sur l’apport de nouvelles fonctions combinant la résistance à l’infection et la visualisation en IRM. Xavier Garric, de l'Université de Montpellier, présente la problématique.

Le projet démarre en 2005 à l’initiative du Professeur Renaud de Tayrac qui dirige le service de gynécologie obstétrique du CHU de Carémeau à Nîmes. Confronté à des problèmes récurrents d’infection de ses patientes traitées pour un prolapsus génital, le Professeur s’adresse aux chercheurs du Département Biopolymères Artificiels de la Faculté de Pharmacie de Montpellier. Leur idée : mettre en place un système de visualisation sur les treillis de soutènement en polypropylène implantés dans la cavité abdominale des patientes afin d’anticiper les infections. Un industriel, qui ne souhaite pas être cité, sera rapidement associé à l’opération. Très vite, l’IRM semble la solution la mieux indiquée mais ce procédé nécessite d’adapter les treillis afin de les rendre visualisables. L’équipe développe alors une enduction constituée d’un polymère en solution sur lequel est greffé un agent de contraste selon un procédé chimique qui limite sa diffusion et pallie le problème de sa solubilité. L’enduction sera ensuite projetée sur le treillis de manière à garantir son adhérence. La principale difficulté technique consiste ici à trouver le dosage adéquat de l’agent de contraste afin d’éviter par exemple une perte de signal en cas de trop forte concentration.

Pouvoir financer le projet

Le problème est aujourd’hui surmonté et deux brevets ont été déposés. Les tests in vitro ont été réalisés avec succès en 2011. Les premiers essais in vivo ont permis quant à eux de visualiser le treillis sur le rat. Des tests sur le cochon sont en cours de réalisation. Reste à évaluer le temps de visualisation in vivo. Xavier Garric, maître de conférence à la Faculté de Pharmacie de Montpellier, explique la problématique à laquelle il doit faire face : « Nous avons la chance d’être soutenus dans nos travaux par un industriel et d’avoir bénéficié d’aides du CNRS. Pour poursuivre nos travaux, nous devons toutefois passer par des étapes d’optimisation coûteuses et nous recherchons des fonds complémentaires. »

L'équipe dirigée par le Professeur Jean Coudane travaille en parallèle à rendre les treillis résistants à l’infection mais elle est confrontée ici à un problème de brevetabilité. En effet, certaines sociétés commercialisent déjà des filets libérant des antibiotiques. La seule solution consiste donc à associer cette fonction à la visualisation IRM, ce qui est théoriquement possible mais n’a pas encore été testé. Là aussi, Xavier Garric se heurte à un problème de financement et a déposé des demandes d’ANR. Une thèse de 3 ans vient de démarrer qui lui a permis de mobiliser un budget d’environ 100.000 euros. Son ambition à terme est de proposer la visualisation IRM pour de nombreuses autres applications : les hernies abdominales, les stents, les chambres implantables, les anneaux gastriques, les cupules cotyloïdiennes en orthopédie pour n’en citer que quelques-unes. Pour en savoir davantage sur ce sujet : xavier.garric@univ-montp1.fr

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