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Pansements intelligents : mieux vaut prévenir…

Publié le 25 mai 2015 par Patrick RENARD
Source : UC Berkeley

Capables de détecter l'infection d'une plaie, de mesurer sa cicatrisation, ou encore de détecter la formation d'escarres, les pansements intelligents ne sont plus très loin d'être commercialisés. Les recherches avancent en effet à grands pas.

Voici trois exemples récents de développement de pansements, que l'on peut réellement qualifier d'intelligents (ou smart bandage pour les anglophones).

Détecter l'infection d'une plaie

Le premier exemple est un projet nommé "Smart Bandage". Contrairement aux apparences, il s'agit d'un programme français, labellisé par le pôle de compétitivité Techtera (chef de file) et Lyonbiopôle, et financé dans le cadre du 18ème appel à projet du FUI (Fonds Unique Interministériel).

L'objectif est ambitieux : développer un pansement permettant de détecter rapidement l'infection d'une plaie, d'identifier le micro-organisme et sa résistance à un antibiotique. Il s'agit avant tout de concevoir un biocapteur capable de révéler la présence de bactéries pathogènes impliquées dans des infections nosocomiales.

Le projet inclut des essais en laboratoire et la vérification du dispositif médical sur quelques cas cliniques. Inutile de dire qu'il s'agira là d'un DM particulièrement innovant et répondant à un besoin médical encore non-satisfait. Ces pansements pourraient d'ailleurs s'adresser à un marché très vaste, du monde hospitalier au grand public, en passant par les animaux de compagnie.

Lancé en octobre 2014, le projet représente un budget de 2,7 M€ avec une perspective de débouchés commerciaux rapides, qui devraient générer 13 M€ de revenus. Fortement ancré au niveau local, il associe six partenaires basés dans le département du Rhône et un sous-traitant. Dotés de compétences complémentaires, les acteurs se composent de deux grands groupes (Biomérieux et Bluestar Silicones), deux PME (Fibroline et Montdor), d'un centre de recherche (Centre International de Recherche en Infectiologie), d'un CHU (Hospices Civils de Lyon) et d'une université (Université Claude Bernard).

Mesurer la concentration d'oxygène d'une plaie

Également annoncé en octobre 2014, le second exemple concerne le fruit de recherches menées par le Center of Photomedecine du Massachussets General Hospital (MGH) et la Harvard Medical School (HSM). Il s'agit d'un pansement transparent qui brille pour indiquer la concentration de l’oxygénation des tissus d’une plaie, donc l'état des cellules de ces tissus.

Non invasive, la mesure directe de l’oxygénation des tissus fait appel à des molécules phosphorescentes dont le niveau de brillance dépend de la quantité d'oxygène. Moins les cellules sont en bon état, moins il y a d'oxygène, et plus les cellules brillent longtemps et vivement. L'adjonction d'un colorant permet d'afficher les niveaux d'oxygénation sous forme de palette de couleur du vert au rouge.

Harvard Medical School

Il suffit de mesurer la phosphorescence à l'aide d'un simple appareil photo pour créer la carte d'oxygénation de la zone surveillée.

 

Le pansement est appliqué en le « peignant » sur la surface de la peau. Une première couche liquide contenant les molécules phosphorescentes sèche et se transforme en film mince et solide en une minute. Une seconde couche d'isolation, transparente, évite à l'oxygène de l'air de venir perturber la mesure. Il suffit ensuite d'exposer le pansement à un éclairage et de mesurer la phosphorescence (et/ou la couleur émise) à l'aide d'un simple appareil photo. Il en résulte la création d'une carte d'oxygénation

Ce genre de pansement pourra être utile dans le suivi des patients avec risque d'ischémies, la surveillance post-opératoire des greffes de peau, la détermination des brûlures profondes ou encore la suppression de tissus morts.

Détecter la formation d'escarres avant qu'il ne soit trop tard

En fin, en mars dernier, les ingénieurs de l'Université de Berkeley ont publié les résultats de leurs recherches concernant un nouveau type de pansement. Celui-ci utilise des courants électriques pour détecter des escarres avant qu'ils ne soient visibles, et donc encore réversibles.

Basé sur un réseau d'électrodes imprimées sur un film mince et flexible, le dispositif utilise une technique connue sous le nom de spectroscopie d’impédance. Il s'agit d'alimenter les électrodes avec un courant électrique faible de fréquence variable et de mesurer les variations d'impédance. Celle-ci dépend de l'état de la membrane des cellules, plus ou moins conductrice selon l'état de santé des cellules. Il en résulte une cartographie de la santé du tissu au contact du pansement.

Des tests effectués sur des rats ont montré la capacité de cette technique à détecter des degrés divers de lésions tissulaires de façon constante.


Techtera, F-69258 Lyon, www.techtera.org

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